Femme, je suis une. Une femme, voilà ce que vous souffle mon corps. Ma nuque, avez-vous observé ma nuque, droite de danseuse, oui, en maintient. Seuls les baisers savent comment la mettre en danse. Ecoutez la valse qui tournoie, 1,2,3,… 1,2,3,… Valse ma nuque sous les baisers, 1,2,3,… Laissez-vous compter ma mélodie, 1,2,3… 1,2,3… plus tard, vous compterez en points de suspensions de ma peau les grains 1,2,3,… compter de ma peau les grains 1,2,3…c’est comme cela que tout a commencé.
1,2,3…1,2,3…
Un jour de chagrin du monde tout entier sur les épaules, un homme a posé les doigts sur ma peau et en tendresse m’a conté mes grains de beauté,1,2,3… 1,2,3…et la valse n’avait plus de temps 1,2,3,… et le temps s’évadait en vastes instants d’égarements 1,2,3,… à l’orée du poignet, 1,2,3… se tromper en faux pas et tout recommencer, 1,2,3… 1,2,3…
Silence. Silence comme un cri. L’homme a prononcé un silence en regard étonné, comme surpris au bord d’un gouffre de doute. La valse s’est tu. Un sourire en échange j’ai donné, un sourire révélant mes deux pommettes, un sourire devenant éclat de rire, l’éclat se propageant en multitude de rires, et ce rire ne pouvait plus me quitter. 1,2,3,… la valse a repris, 1,2,3… rire 1,2,3, rire encore, 1,2,3… rire toujours, 1,2,3 rire comme une toute première fois 1,2,3, un rire qui ne s’éteint et allume une à une les sensations de bonheur,1,2,3, encore ,1,2,3 toujours.1,2,3… Et le regard d’humour surpris gardait mes yeux dans les siens 1,2,3,… Le nouveau refrain venait de naître, 1,2,3…
Ce refrain n’avait qu’un seul couplet : Trop de grains, on ne peut de la main à la nuque les compter…
1,2,3,… rire 1,2,3…encore 1,2,3… rire…
De cet instant de commencement, lorsque le monde à mes yeux était trop grand, il suffisait à cet homme d’esquisser un mouvement de la main et d’entonner ce refrain 1,2,3… 1,2,3… et le rire n’attendait plus le couplet. 1,2,3… encore 1,2,3… rire…
Me revient en musique cet instant premier. Comme un premier pas, un tout premier pas, vous en souvenez-vous ? 1,2,3.. Aujourd’hui je fredonne encore 1,2,3,... lorsque mes yeux se perdent sans plus le regard d’un monde détourné 1,2,3… et aujourd’hui encore le rire ne se fait pas attendre, 1,2,3…1,2,3..
En corps de petite fille, une main d’homme, sur mes grains s’est posée, 1,2,3…
une main d’homme que j’appelais papa, 1,2,3…
cette main a parsemé mon corps de beauté. 1,2,3…
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