En ce vendredi 13, je ne peux m’empêcher de vous parler de ces
croyances un peu particulières. Le théâtre regorge de superstitions ! Et comme il se trouve que le spectacle de fin d’année de mes ados c’est ce soir, j’en profite !
D’où viennent tous ces mots, faits et gestes interdits dans ce
lieu ?
Ne pas siffler
Ne pas prononcer le mot « corde »
Ne pas souhaiter « bonne chance »
Et la superstition la plus connue : ne pas porter de vert sur
scène…
Il existe sans doute beaucoup de réponses à ce questionnement, et
je ne prétends pas vous apporter la vérité, je vous donne juste en partage les histoires que l’on m’a racontées.
Le premier fait est qu’autrefois (ne me demandez pas de dates
précises, je suis fâchée avec les chiffres !...), les machinistes et les monteurs de décor étaient des charpentiers de la marine, ainsi beaucoup de nos superstitions nous viennent des
marins.
L’interdiction de prononcer le mot « corde » est donc
une interdiction propre à la marine, ce mot portant avec lui l’idée de mort. Mais les comédiens étant de bon-vivants, il est de rigueur que celui qui prononce ce mot obtient en punition le devoir
de payer un verre à tous ceux présents.
Je connais deux raisons au fait de ne pouvoir siffler dans un
théâtre. La première, est que les régisseurs de plateau utilisaient des sifflements codés pour communiquer entre eux pendant les représentations lors des changements de décors. Si un comédien
sifflait en coulisses cela amenait donc la pagaille !
La seconde raison, que je trouve plus jolie, et qui nous viendrait
également des marins, est que le sifflement rappellerait le chant des sirènes… et qui a lu « L’Odyssée » d’Homère, sait à quel point leurs chants envoûtants peuvent emprisonner ceux qui
se laissent charmer.
Ne pas souhaiter « bonne chance » mais dire
« Merde ». Ce mot lancé daterait de l’époque où les spectateurs se faisaient déposer en calèches à l’entrée des théâtres… Beaucoup de crottins, beaucoup de merdes donc, était synonyme
de beaucoup de spectateurs.
Et le vert alors ? J’ai également deux propositions à vous
faire.
Molière, lors de sa dernière représentation aurait porté un
costume vert… Mais on nous dit aussi parfois qu’il était vêtu de jaune… alors allez savoir !...
La seconde petite histoire, qui paraît plus vraisemblable, est
qu’à cette même époque, on utilisait du cyanure pour teindre les costumes en vert… les vêtements de cette couleur étaient donc toxiques.
Voilà pour les petites histoires superstitieuses...
Au passage, une petite explication supplémentaire : cour et
jardin.
On ne peut bien évidement s’exprimer avec les directions gauche et
droite, le metteur en scène et le comédien se faisant face… on en revient au jeu du miroir dont je vous parlais hier avec mon œil extérieur. On utilise donc les termes cour et jardin.
Ces expressions remonteraient aussi au temps de Molière. La scène
du château de Versailles se situant entre la cour du château et son jardin. L’indication donnée aux comédiens sur le plateau était donc de se diriger soit vers le côté de la cour soit vers le
côté du jardin… Aujourd’hui, nous sommes enfermés dans nos boîtes noires, plus de cour ou de jardin à apercevoir des fenêtres. Il a donc fallu inventer des astuces
mnémotechniques :
Lorsque l’on est sur scène, on part du principe que le comédien
parle avec son Cœur. Ce mot commençant par la même lettre que le mot cour, sur le plateau, face
public, la cour se trouve à notre gauche, à la place du cœur.
Lorsque l’on est metteur en scène, en œil divin, on se compare à
Jésus Christ. Du point de vue du spectateur le Jardin est donc à gauche et la Cour à droite.
En petit clin d’œil, il se trouve que JC, sont aussi mes initiales
de jeune-fille, alors plutôt que de se comparer à Jésus on peut se comparer à…
Voili voilou en ce qui concerne le théâtre et ses petites
croyances.
Je vous raconte une dernière petite histoire qui n’a rien avoir
avec le théâtre, mais je l’aime bien !!!
Savez-vous pourquoi il ne faut pas montrer quelqu’un du
doigt ? « C’est mal élevé ! » Oui, moi aussi on me l’a dit et redit. Mais en fait, cela viendrait du moyen-âge, et de la peur des sorcières. Comment une sorcière jette-t-elle
un sort ?... en pointant son doigt sur sa victime…
Vos pas sages